Yasmina Khadra – Les hirondelles de Kaboul

4e de couverture :

Dans le Kaboul de l’an 2000, alors que les talibans font régner sur l’Afghanistan un régime atroce, quatre personnages inoubliables :
Il y a Mohsen, qui descend d’une famille de commerçants prospères que les talibans ont ruinée ; Zuneira, sa femme, sublimement belle, qui fut une enseignante brillante et qui n’a plus le droit de sortir de chez elle… Ils survivent dans des conditions morales et matérielles abominables, soutenus par l’amour qu’ils se portent et le respect qu’ils doivent à l’intelligence et à la connaissance.
Il y a aussi Atiq, qui a sincèrement adhéré à l’idéologie des talibans et qui tente d’assurer son service à la prison de Kaboul dans le respect de sa foi. Mais chaque jour est une épreuve terrible où tout ce qu’il voit et tout ce qu’on l’oblige à faire sont contraires à tout ce qu’il croit. Il y a enfin Mussarat, sa femme, qui se meurt de maladie et de désespoir.

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Tellement fort ! L’histoire de ces deux couples pour lesquels l’amour existe encore malgré la situation dans laquelle ils vivent. C’est un roman poignant qui nous montre le quotidien pour de nombreux hommes et femmes à Kaboul.

Dur, révoltant, avec une fin superbe. Indispensable.

Editions Julliard, 2002
Editions Pocket, 2004
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Marc Lévy – Et si c’était vrai…

 
4e de couverture :

Que penser d’une femme qui choisit le placard de votre salle de bains pour y passer ses journées ? Qui s’étonne que vous puissiez la voir ? Qui disparaît et reparaît à sa guise et qui prétend être plongée dans un profond coma à l’autre bout de la ville ? Faut-il lui faire consulter un psychiatre ? En consulter un soi-même ? Ou, tout au contraire, se laisser emporter par une extravagante aventure ? Et si c’était vrai ? S’il était vrai qu’Arthur soit le seul homme qui puisse partager le secret de Lauren, contempler celle que personne ne voit, parler à celle que personne n’entend ?

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Je me décide enfin à faire une critique sur ce roman que beaucoup ont sûrement déjà lu. Certains n’ont pas aimé, d’autres ont adoré… Pour ma part, je suis ressortie de cette lecture avec une impression plutôt positive ;)
Une jolie histoire (que je n’ai pas trouvé « gnangnan ») agréable à lire et pleine d’émotions. L’écriture est simple, l’idée originale (peut-être l’auteur aurait-il dû mieux l’exploiter?) et il m’a tardé de savoir la fin. Certes, ce n’est pas de la grande littérature, mais peu importe une lecture sans prise de tête de temps en temps, rien de tel !

Editions Pocket, 2005

Fatou Diome – Kétala

4e de couverture :

Que restera-t-il de nous ? Peut-être des souvenirs, magnifiés, interprétés, réinterprétés ou, pire, falsifiés. Inanimés, nos meubles, nos habits, nos objets familiers jalonnent le sillage de notre vie. Ils sont les témoins silencieux de nos joies et peines. Pourtant, lorsque quelqu’un meurt, nul ne se soucie de la tristesse de ses meubles. Le Kétala, le partage de l’héritage, disperse tout ce que possédait celui ou celle qui n’est plus. Attristés par leur séparation imminente, des meubles et divers objets cherchent un moyen d’éviter l’éparpillement des traces de Mémoria, leur défunte et aimée propriétaire. Masque propose à ses compagnons d’infortune une stratégie fondée sur la parole  » Je viens d’une civilisation où les hommes se transmettent leur histoire familiale, leurs traditions, leur culture, simplement en se les racontant, de génération en génération […] Comme nous ne pourrons pas empêcher les humains de nous disperser, je propose que chacun de nous raconte aux autres tout ce qu’il sait de Mémoria. Ainsi, pendant les six nuits et les cinq jours qui nous séparent du kétala, nous allons tous, ensemble, reconstituer le puzzle de sa vie […] On ne peut pas toujours emmener les siens avec soi, mais on part toujours avec sa mémoire.

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Très beau roman traitant des traditions africaines, du mariage forcé, de l’immigration,… L’histoire de Mémoria est racontée de manière originale et poétique. Une lecture très plaisante, un roman émouvant et passionant ! Je n’avais jamais lu de livres d’auteurs africains, et là pour un premier essai, je peux vous dire que je ne suis absolument pas déçue et pense même recommencer l’expérience avec un autre de ses romans.

Editions Flammarion, 2006
Editions J'ai Lu, 2007

Eric-Emmanuel Schmitt – Oscar et la dame rose

4e de couverture :

Voici les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans, Oscar. Elles ont été retrouvées par Mamie Rose, cette dame qui vient lui rendre visite à l’hôpital pour enfants. Elles décrivent douze jours de la vie d’Oscar, douze jours cocasses et poétiques, douze jours pleins de personnages drôles et émouvants. Ces douze jours seront peut-être les douze derniers. Mais, grâce à Mamie Rose qui noue avec Oscar un très fort lien d’amour, ces douze jours deviendront légende.

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La « dame rose » va inciter ce petit garçon à vivre en douze jours toutes les expériences des adultes. Chaque jour represente 10 ans. Ces expériences, l’enfant les retranscrit sur des lettres adressées à Dieu, en qui il ne croit pas mais à qui il s’adresse comme à un copain.
Une belle leçon de vie ! Ce petit garçon est très courageux face à sa maladie.
Malgré un sujet grave et douloureux, à savoir la mort d’un enfant, ce livre est simple, plein d’humour et de tendresse. Un peu trop court…mais c’est peut-être ce qui fait son charme.

Editions Albin Michel, 2002

Aldous Huxley – Le meilleur des mondes

Résumé :

Dans ce livre visionnaire écrit dès 1932, Aldous Huxley imagine une société qui utiliserait la génétique et le clonage pour le conditionnement et le contrôle des individus.

Dans cette société future, tous les enfants sont conçus dans des éprouvettes. Ils sont génétiquement conditionnés pour appartenir à l’une des 5 catégories de population. De la plus intelligente à la plus stupide: les Alpha (l’élite), les Bétas (les exécutants), les Gammas (les employés subalternes), les Deltas et les Epsilons (destinés aux travaux pénibles). On incite à la sexualité debridée, la grossesse n’existe pas. Prononcé le mot « père » ou « mère » est un outrage. La mort n’existe pas, on conditionne l’enfant pour qu’il la considère de tout ce qu’il y a de plus banal, la vieillesse, la maladie non plus, tout ce qui rappelle l’être humain est supprimé. On prend du « soma », sorte de drogue qui maintient en état de béatitude.
John, un « sauvage » élevé dans une « réserve » primitive du Nouveau-Mexique, va se heurter de plein fouet à cette société, suite à une visite de deux personnages « civilisés » dans sa réserve, qui le ramèneront en ville avec eux.

Le « meilleur des mondes » décrit aussi ce que serait la dictature parfaite: une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader. Un système d’esclavage où, grâce la consommation et au divertissement, les esclaves « auraient l’amour de leur servitude ».

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Malgré quelques passages un peu trop longs à mon goût, ce livre m’a plu. Dire que cela a été écrit dans les années 30… chapeau !
L’auteur fait preuve d’une incroyable anticipation et d’une grande perspicacité. Son roman est très réaliste. Serait-ce un avenir possible pour l’humanité ? La société qu’il décrit est horrible, les personnes sont toutes conditionnées et ne sont pas libres. Le couple, la grossesse, la famille,.. tout est tabou. Je pense que si je devrais vivre dans un monde pareil, je finirais aussi comme John…
Un classique à lire et à relire.
Editions Pocket, 2002

Thierry Jonquet – Mygale

Résumé :

C’est un des huis clos les plus effrayants de l’histoire du roman policier et le chef-d’oeuvre de l’auteur. Le récit parle de la vengeance machiavélique d’un homme…[je n’en dis pas plus].

Récit inoubliable et dérangeant qui met en évidence l’existence de pulsions morbides, sous le couvert des apparences de la normalité la plus ordinaire.

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Une histoire époustouflante et glaçante qui nous tient en haleine jusqu’au bout. Au début, trois histoires se succèdent et le lecteur se demande bien ce qu’elles ont en commun. Et puis, au fur et à mesure du récit, on découvre toute l’horreur de cette vengeance… Accrochez-vous !

Un vrai coup de coeur !

« Un chef-d’oeuvre à la noirceur radicale. »

Editions Gallimard, Folio policier, 1999

Jacqueline Harpman – Moi qui n’ai pas connu les hommes

4e de couverture :
« Elles sont quarante, enfermées dans une cave, sous la surveillance d’impassibles gardiens qui les nourrissent. La plus jeune – la narratrice – n’a jamais vécu ailleurs. Les autres, si aucune ne se rappelle les circonstances qui les ont menées là, lui transmettent le souvenir d’une vie où il y avait des maris, des enfants, des villes…
Mystérieusement libérées de leur geôle, elles entreprennent sur une terre déserte une longue errance à la recherche d’autres humains – ou d’une explication. Elles ne découvrent que d’autres caves analogues, peuplées de cadavres ».
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Tout au long de l’histoire, on se pose beaucoup de questions  : vont-elles s’en sortir ? Trouveront-elles une explication à leur condition ?
Un roman qui ne m’a pas laissée indifférente. On se met à la place de ces femmes et on se demande comment on réagirait dans ce monde sans Homme, ni repère. Pour ma part, je pense que je sombrerais dans la folie ou pire encore…
Malgré une fin un peu frustrante, je vous le conseille !
Editions Le Livre de poche, 1997