Neil Gaiman – L’étrange vie de Nobody Owens

4e de couverture :

Nobody Owens est un petit garçon parfaitement normal. Ou plutôt, il serait parfaitement normal s’il n’avait pas grandi dans un cimetière, élevé par un couple de fantômes, protégé par Silas, un être étrange ni vivant ni mort, et ami intime d’une sorcière brûlée vive autrefois. Mais quelqu’un va attirer Nobody au-delà de l’enceinte protectrice du cimetière : le meurtrier qui cherche à l’éliminer depuis qu’il est bébé. Si tu savais, Nobody, comme le monde des vivants est dangereux…

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L’étrange vie de Nobody Owens est le premier roman que je lis de Neil Gaiman et autant dire que ce fût une agréable découverte ! Je suis tombée sous le charme de ce petit garçon, Nobody (Bod pour les intimes), tellement attachant.

On prend plaisir à se promener avec lui dans ce cimetière si particulier où certains monuments sont classés, où les morts sont désignés avec leur date de vie et mort ainsi que leur épitaphe, et dans lequel vivent des créatures parfois étranges (vouivre, goules, …).

Les personnages secondaires sont vraiment sympathiques (mention spéciale à Silas). Bien que morts, ils ont quelque chose de vivant en eux. Ils forment une famille pour Bod, le protègent.

Malgré cela, le petit garçon se sent seul, il veut découvrir le monde, mais comprend très vite qu’il n’est pas si beau, que les gens ne sont pas toujours gentils et que celui qui a tenté de le tuer lorsqu’il était bébé est toujours là…

Un seul regret : que l’on n’en sache pas plus sur les événements qui se passent au tout début du livre.

Neil Gaiman signe là un roman magique où se mêlent la joie et la tristesse.

Original et surprenant, ce livre est un vrai petit bijou, alors laissez-vous envoûter ;-)

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Alexandre Dumas – La dame pâle

4e de couverture :

Au cœur des Carpathes dans le sombre château de Brankovan, les princes Grégoriska et Kostaki s’affrontent pour conquérir la belle Hedwige. Or Kostaki est un vampire qui revient chaque nuit assouvir sa soif de sang auprès de la jeune femme devenue l’objet d’une lutte sans merci entre les deux frères. Une étrange histoire pleine de romantisme et de fantastique où l’angoisse le dispute au romanesque…

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Publié en 1849, La dame pâle est un conte fantastique extrait des Mille et un fantômes.

 » Ecoutez, dit la dame pâle avec une étrange solennité, puisque tout le monde ici a raconté une histoire, j’en veux raconter une aussi. Docteur, vous ne direz pas que l’histoire n’est pas vraie; c’est la mienne… Vous allez savoir ce que la science n’a pas pu vous dire jusqu’à présent, docteur; vous allez savoir pourquoi je suis si pâle.

En ce moment, un rayon de lune glissa par la fenêtre à travers les rideaux, et, venant se jouer sur le canapé où elle était couchée, l’enveloppa d’une lumière bleuâtre qui semblait faire d’elle une statue de marbre noir couchée sur un tombeau.

Pas une voix n’accueillit la proposition, mais le silence profond qui régna dans le salon annonça que chacun attendait avec anxiété. »

Ainsi démarre ce court récit d’une centaine de pages.

La narratrice, Hedwige, est la fille d’un seigneur polonais. Alors que la guerre fait rage entre la Pologne et la Russie, elle se voit contraint par son père de quitter le château afin d’être plus en sécurité. Ce dernier l’envoie au monastère de Sahastru. Sur la route, Hedwige et les personnes qui l’accompagnent se font attaquer. Elle trouvera refuge dans le château isolé des frères Grégoriska et Kostaki. Tous deux vont tomber amoureux de la jeune fille et se battre chacun à leur manière pour conquérir son coeur.

Cette nouvelle traite du mythe des vampires (bien qu’il n’apparaisse que tard dans l’histoire), mais il y a également une belle et sombre histoire d’amour, une lutte entre le Bien et le Mal qui devra se terminer par le sang…

Certes Dumas ne renouvelle pas le genre, mais ce fût une agréable lecture grâce à son talent de conteur et ses très belles descriptions des Carpathes.


Lu dans le cadre des défis

 

Elizabeth Kostova – L’historienne et Drakula (tome 1)

4e de couverture :

J’ai tout découvert un après-midi de 1972, en fouillant dans la bibliothèque de notre maison d’Amsterdam. Un livre ancien a attiré mon regard : toutes ses pages étaient vierges, sauf une, comportant un dessin. Jamais je ne l’oublierai : un dragon entourant de ses griffes un seul mot, DRAKULA.
Enfin le mystérieux passé de mon père s’éclairait : la soudaine disparition de son directeur de thèse, ses propres recherches, ses voyages… pour cerner cette figure de l’Histoire, Vlad l’Empaleur.
J’ai su alors qu’à mon tour rien ne pourrait me détourner de cette quête.
Même si, à l’ombre de Drakula, la vérité est sortie de la légende, plus terrifiante encore.

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Dès les premières lignes, j’ai été conquise par ce livre qui revisite avec brio la légende du vampire dans les Carpates.
On sent vraiment que l’auteur a étudié ce sujet durant de nombreuses années, il y a beaucoup de références historiques très intéressantes sur Vlad Tepes, le sultan Mehmed II, l’empire ottoman, etc.

L’auteur nous fait également voyager à travers le monde : Oxford, Amsterdam, Italie, France, … Et nous partons à la découverte des magnifiques villes que sont Istanbul et Budapest.

La construction narrative est particulière, en effet plusieurs récits et époques s’entremêlent : les recherches du professeur Rossi sur Vlad Tepes, celles du père de l’héroïne qui tente en même temps de découvrir pourquoi Rossi a disparu, et enfin l’héroïne qui part sur les traces de son père.

Le réel et le fantastique sont étroitement liés, difficile parfois de distinguer le vrai du faux. On perçoit sans cesse l’ombre du Mal planer sur les protagonistes du roman qui essayent de percer les mystères entourants la vie de Vlad Tepes, ce personnage à la fois fascinant et terrifiant.

La fin du premier tome n’en est pas vraiment une, alors un petit conseil, ayez le deuxième tome sous la main, car c’est la continuité de l’histoire.

Malgré quelques longueurs, c’est un roman instructif et captivant !

Je m’en vais de ce pas commencer le 2e tome.

Lecture commune avec Hathaway.

Lu dans le cadre des défis  

Fred Vargas – Pars vite et reviens tard

4e de couverture :

Ce sont des signes étranges, tracés à la peinture noire sur des portes d’appartements, dans des immeubles situés d’un bout à l’autre de Paris. Une sorte de grand 4 inversé, muni de deux barres sur la branche basse. En dessous, trois lettres : CTL. A première vue, on pourrait croire à l’œuvre d’un tagueur. Le commissaire Adamsberg, lui, y décèle une menace sourde, un relent maléfique. De son côté, Joss Le Guern, le Crieur de la place Edgar-Quinet, se demande qui glisse dans sa boîte à messages d’incompréhensibles annonces accompagnées d’un paiement bien au-dessus du tarif. Un plaisantin ou un cinglé ? Certains textes sont en latin, d’autres semblent copiés dans des ouvrages vieux de plusieurs siècles. Mais tous prédisent le retour d’un fléau venu du fond des âges…

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Lorsque Pimprenelle nous a donné rdv le 9 juin pour découvrir Fred Vargas, je n’ai pas hésité. Cela faisait un moment que Pars vite et reviens tard m’attendait dans ma PAL.

Et pour mon premier Fred Vargas, je n’ai pas été déçue.

Le plus grand fléau de tous les temps refait surface après des siècles, faisant paniquer la population. Qui se cache derrière cela ? Qui est l’auteur de ces messages intrigants que reçoit Joss Le Guern pour qu’il les crie sur la place publique ?

Les personnages présents dans ce roman sont atypiques, singuliers (un crieur qui parle de temps à autre avec son arrière grand-père, un dentellier conseillé en choses de la vie, une ancienne prostituée,…), mais néanmoins attachants.

Adamsberg est un flic doté de beaucoup d’intuition, posé, réfléchi, mais qui perd souvent la mémoire (sa méthode pour se souvenir des noms des gens est amusante). Il a ses méthodes à lui, pas toujours approuvées par ses collègues, en particulier Danglard.

L’auteur distille les informations tout au long du récit, le lecteur est tenu en haleine jusqu’au bout. Il est vrai que le début peut paraître un peu lent, mais ensuite tout s’accélère. Le roman est également parsemé de références historiques intéressantes.

Le style est fluide et agréable. On peut dire que l’intrigue tient la route et a le mérite d’être originale.

Tout cela forme un roman policier très bien écrit et documenté, ce qui ne m’étonne pas puisque Fred Vargas est archéologue, spécialiste du Moyen Âge.

Après cette belle découverte, il est certain que je vais lire rapidement Un lieu incertain, qui m’attend dans ma PAL.

Lu dans le cadre du défi

Emile Zola – Au Bonheur des Dames

 Résumé :

Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s’amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu’une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d’enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d’elle le symbole du modernisme et des crises qu’il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.

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Après L’assomoir lu il y a plusieurs années, je me suis plongée avec plaisir dans mon deuxième roman de Zola.

Publié en 1883, le roman se passe entre 1864 et 1869. Nous faisons la connaissance de Denise Baudu, qui après la mort de ses parents, arrive à Paris chez son oncle, accompagnée de ses deux frères. Cet oncle tient un magasin fortement concurrencé par celui d’Octave Mouret, Au Bonheur des Dames, où Denise va finalement être engagée.

Dans son roman, Zola nous montre le déclin des petits commerces parisiens face à ce grand magasin qui ne cesse de s’agrandir.

Le Bonheur des Dames réussit en vendant ses produits à des prix sacrifiés. Prix que les autres petits commerçants ne savent pas pratiquer. 

Mais Mouret ne se contente pas de baisser ses prix. Il veut faire plus pour attirer la clientèle, pour qu’elle s’y sente bien et qu’ainsi elle achète plus. Il a donc recours à diverses méthodes telles que des catalogues, la publicité dans les rues, la possibilité qu’on les clientes de retourner les marchandises qui ne leur conviennent pas, la diversification des produits proposés, l’installation d’ascenseurs, d’un buffet, de rayons pour les enfants, etc. Bref, Mouret sait ce qu’attend la femme.

Mouret avait l’unique passion de vaincre la femme. Il la voulait reine dans sa maison, il lui avait bâti ce temple, pour l’y tenir à sa merci. C’était toute sa tactique, la griser d’attentions galantes et trafiquer de ses désirs, exploiter sa fièvre. Aussi, nuit et jour, se creusait-il la tête, à la recherche de trouvailles nouvelles.

Ce roman m’a beaucoup plu, Zola décrit tellement bien le Bonheur des Dames que l’on a envie d’y être, d’y flâner des heures, de pouvoir toucher toutes ces soies et autres produits, mais surtout de les acheter !

Livre lu dans le cadre des défis (mai 2010)

   (proposé par Fleurdusoleil)

 

Jasper Fforde – L’affaire Jane Eyre

4e de couverture :

Nom : Thursday Next
Age : trente-six ans
Nationalité : britannique
Profession : détective littéraire
Signe particulier : vétéran de la guerre de Crimée
Animal domestique : un dodo régénéré, version 1.2, nommé Pickwick
Loisirs préférés : rencontrer des personnages de romans, chercher à découvrir le véritable auteur des pièces de Shakespeare, occasionnellement, aider son ami Spike à traquer des vampires
Mission actuelle : capturer l’un des plus grands criminels de la planète, j’ai nommé… Ah ! c’est vrai, j’oubliais – il ne faut surtout pas prononcer son nom car il vous repère aussitôt ; disons simplement que c’est l’homme qui tue dans un éclat de rire !

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Il m’est difficile de classer ce roman. Un mélange de policier, de science-fiction, de fantastique, le tout saupoudré de nombreuses références littéraires.

L’humour est bien présent, à prendre au 2e, 3e… 10e de degré ! Ca passe ou ça casse. Pour moi, c’est très bien passé, j’ai adoré.

L’héroïne, Thursday Next, est membre de la Brigade Littéraire (les OpSpecs) qui a été créée pour traquer les plagieurs et protéger les oeuvres des grands écrivains anglais. Au début, elle est chargée d’enquêter sur le vol d’un manuscrit de Dickens. Thursday est en effet la seule à pouvoir identifier le voleur, Acheron Hadès. S’en suit une traque de longue haleine puisque Acheron va récidiver en subtilisant cette fois le manuscrit de Jane Eyre. Et il compte bien utiliser l’invention de l’oncle de Thursday – qui permet de pénétrer dans les livres pour y changer l’histoire – afin d’enlever Jane Eyre en échange d’une rançon.

Dès les premières pages, on se demande dans quoi on est tombé, jugez plutôt : on est dans les années 80′ et la guerre de Crimée est toujours d’actualité, notre héroïne (pour le moins attachante) a pour animal domestique un Dodo et son père sait arrêter le temps … !

Le lecteur pourra peut-être être un peu déstabilisé au début par les nombreux personnages qui le compose, mais on s’y fait rapidement. En outre, je conseille tout de même de lire le roman Jane Eyre, faute de quoi on peut être un peu perdu lorsque l’auteur y fait allusion, mais bon il est quand même possible de comprendre ;).  Sans spoiler, j’ai vraiment aimé la façon dont l’auteur parle des deux versions de la fin du roman.

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce livre a le mérite d’être original et qu’il tient la route malgré les différents genres littéraires qui s’y côtoient.

Un auteur que je ne manquerai pas de lire à nouveau.

Lu dans le cadre du