Alice Ferney – Grâce et dénuement

4e de couverture :

Sur un terrain vague subsiste un clan de Gitans indifférents à la société, à ses règles et à son confort. Leur existence est marquée par les naissances, les petites et les grandes fêtes. Un beau jour, une bibliothécaire déterminée et généreuse se met en tête de faire découvrir la magie de la lecture aux enfants.

Se nouent alors des relations de complicité. Car ce que découvre cette étrangère, par-delà la misère et la brutalité, c’est une chaleur particulière, la tendresse, et cette beauté qu’ont les femmes dans le dévouement. Quelque chose d’impalpable qu’on nomme l’humanité.

~

Angéline, la grand-mère, ses cinq fils, ses quatre belles-filles et ses petits-enfants, ont élu domicile sur un terrain vague. Loin d’être acceptés par les habitants du quartier, ils y mènent une vie simple, sans confort, à l’étroit dans des caravanes. Un jour, Esther, bibliothécaire, débarque dans leur vie. C’est la seule à faire un pas vers eux en décidant de venir tous les mercredis lire des histoires aux enfants.

À travers les yeux d’Esther, le lecteur découvre le monde des gitans. Des hommes et femmes d’une autre culture, courageux, mais pauvres, sales, analphabètes, rejétés par la société, vivant de petits vols, des maris parfois saouls, infidèles, des femmes fortes, des mères aimantes. Esther, « la gadjé », ne pose pas de question, ne juge pas. Peu à peu, elle réussit à se faire accepter par les gitans, un lien se crée. À vrai dire, j’aurais aimé en savoir plus sur elle et comprendre ses motivations, car elle ne s’implique pas autant que je l’aurais pensé. Certes, elle leur fait la lecture tous les mercredis, se bat même pour qu’un des enfants aille à l’école, mais par exemple ne leur propose jamais à manger ou bien des vêtements. Difficile donc de cerner ses intentions.

Etant moi-même bibliothécaire, ce qui m’a le plus émue, c’est de voir à quel point ces enfants sont fascinés par l’univers magique des livres. Esther leur communique le plaisir de lire. Ces quelques heures de lecture leur font oublier le quotidien, les emporte dans un autre monde.

Je crois que la vie a besoin des livres, dit Esther, je crois que la vie ne suffit pas.

Tu vois, dit-il, ce livre si je savais lire j’le mangerais. Elle était émue. Elle lui prêta le livre pour la semaine.

Le titre prend tout son sens à la lecture du roman. En effet, le dénuement des gitans (manque d’eau, de nourriture, de chaleur, de vêtements, misère, enfants non scolarisés, analphabétisation) n’empêche pas leur grâce : ce sont avant tout des êtres humains avec des joies, des peines, des valeurs. Ils sont fiers, généreux,  dotés d’un caractère fort et d’un optimisme à tout épreuve.

Sans tomber dans le pathos, avec des mots simples, beaucoup de réalisme et de justesse, l’auteur arrive à nous toucher. Une belle leçon de tolérance et d’acceptation de l’autre.

Grâce et dénuement, un titre magnifique pour un livre touchant.

Celui qui donne le respect, reçoit le respect.

Editions Actes Sud, Babel, 2000
Editions J'ai Lu, 2002

Une lecture commune avec Reka et Lucile


					
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7 réflexions sur “Alice Ferney – Grâce et dénuement

  1. Tu as l’air d’enchainer les lectures fortes en émotions ! Que de bons choix ! J’ai déjà entendu grand bien de « Grâce et dénuement » mais tu me donnes encore plus envie de le découvrir. Merci !

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