Yasmina Khadra – L’attentat

4e de couverture :

Dans un restaurant de Tel Aviv, une jeune femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. À l’hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d’origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l’attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d’urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pieds: il s’agit de sa propre femme. Comment admettre l’impossible, comprendre l’inimaginable, découvrir qu’on a partagé, des années durant, la vie et l’intimité d’une personne dont on ignorait l’essentiel? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien…

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En mars, Pimprenelle nous proposait de (re)découvrir Yasmina Khadra. Ayant lu et adoré Les hirondelles de Kaboul il y a quelques années, je n’avais qu’une envie: lire L’attentat.

Tout commence par un attentat terroriste à Tel Aviv, des dizaines de personnes meurent. Amine Jaafari, chirurgien reconnu, s’occupe d’opérer les blessés qui arrivent dans son hôpital. Ce qu’il ignore c’est que c’est sa femme qui vient de se faire exploser au milieu de la foule…

Ce n’est pas la première fois qu’un attentat secoue Tel Aviv, et les secours sont menés au fur et à mesure avec une efficacité grandissante. Mais un attentat reste un attentat. À l’usure, on peut le gérer techniquement, pas humainement. L’émoi et l’effroi ne font pas bon ménage avec le sang-froid. Lorsque l’horreur frappe, c’est toujours le coeur qu’elle vise en premier.

En apprenant la terrible nouvelle, le docteur Amine n’y croit pas, nie la vérité et ce malgré les preuves.

Nous suivons alors un homme rempli de colère et d’incompréhension qui tente de comprendre ce qui a bien pu se passer dans la tête de sa femme. Comment n’a-t-il pas pu détecter des signes avant-coureurs ? Pourquoi sa femme qui menait une vie si tranquille est-elle allée se faire exploser dans ce restaurant ? Pour tenter de trouver des réponses, il part dans différentes villes palestiniennes rechercher et interroger les gens qui l’ont cotoyée les jours précédant son acte.

Arrivera-t-il à comprendre et lui pardonner son geste ?

On croit savoir. Alors on baisse la garde et on fait comme si tout est au mieux. Avec le temps, on finit par ne plus prêter attention aux choses comme il se doit. On est confiant. Que peut-on exiger de plus ? La vie nous sourit, la chance aussi. On aime et on est aimé. On a les moyens de ses rêves. Tout baigne, tout nous bénit… Puis, sans crier gare, le ciel nous tombe dessus. Une fois les quatre fers en l’air, nous nous apercevons que la vie, toute la vie – avec ses hauts et ses bas, ses peines et ses joies, ses promesses et ses choux blancs ne tient qu’à un fil aussi inconsistant et imperceptible que celui d’une toile d’araignée. D’un coup, le moindre bruit nous effraie, et on n’a plus envie de croire à quoi que ce soit. Tout ce qu’on veut, c’est fermer les yeux et ne plus penser à rien.

Sur fond de conflit israélo-palestinien et sans prendre parti, Yasmina Khadra traitre d’un sujet malheureusement toujours d’actualité : le terrorisme. Un sujet dont on ne peut pas être insensible.

Tout comme Les hirondelles de Kaboul, L’attentat est une histoire dure, poignante et émouvante.

Editions Julliard, 2005
Pocket, 2006

 (avec beaucoup de retard !)

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Yasmina Khadra – Les hirondelles de Kaboul

4e de couverture :

Dans le Kaboul de l’an 2000, alors que les talibans font régner sur l’Afghanistan un régime atroce, quatre personnages inoubliables :
Il y a Mohsen, qui descend d’une famille de commerçants prospères que les talibans ont ruinée ; Zuneira, sa femme, sublimement belle, qui fut une enseignante brillante et qui n’a plus le droit de sortir de chez elle… Ils survivent dans des conditions morales et matérielles abominables, soutenus par l’amour qu’ils se portent et le respect qu’ils doivent à l’intelligence et à la connaissance.
Il y a aussi Atiq, qui a sincèrement adhéré à l’idéologie des talibans et qui tente d’assurer son service à la prison de Kaboul dans le respect de sa foi. Mais chaque jour est une épreuve terrible où tout ce qu’il voit et tout ce qu’on l’oblige à faire sont contraires à tout ce qu’il croit. Il y a enfin Mussarat, sa femme, qui se meurt de maladie et de désespoir.

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Tellement fort ! L’histoire de ces deux couples pour lesquels l’amour existe encore malgré la situation dans laquelle ils vivent. C’est un roman poignant qui nous montre le quotidien pour de nombreux hommes et femmes à Kaboul.

Dur, révoltant, avec une fin superbe. Indispensable.

Editions Julliard, 2002
Editions Pocket, 2004