Eric-Emmanuel Schmitt – L’évangile selon Pilate

4e de couverture :

Première partie : Dans le jardin des oliviers, un homme attend que les soldats viennent l’arrêter pour le conduire au supplice. Quelle puissance surnaturelle a fait de lui, fils de menuisier, un agitateur, un faiseur de miracles prêchant l’amour et le pardon ?

Deuxième partie : Trois jours plus tard, au matin de la Pâque, Pilate dirige la plus extravagante des enquêtes policières. Un cadavre a disparu et est réapparu vivant ! Y a-t-il un mystère Jésus ou simplement une affaire Jésus ? A mesure que Sherlock Pilate avance dans son enquête, le doute s’insinue dans son esprit. Et avec le doute, l’idée de foi.

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En ce mois de juillet, Pimprenelle nous a donné rendez-vous pour découvrir Eric-Emmanuel Schmitt dont j’ai déjà lu quelques romans et nouvelles. J’ai donc profité de l’occasion pour sortir de ma PAL « L’évangile selon Pilate » qui y prenait la poussière depuis un bon bout de temps.

L’histoire est structurée en deux parties. Dans la première, nous découvrons Yéchoua à l’aube de son arrestation au jardin des oliviers. Il repense à sa vie, se pose des questions sur sa Mission. Sous la plume de Schmitt, Jésus est montré avant tout comme un être humain, avec ses faiblesses et rempli de doutes. 

La deuxième partie est composée de lettres que Pilate écrit à son frère Titus. A travers ces lettres, le lecteur suit l’enquête qu »il mène pour retrouver le corps de Yéchoua, disparu de façon inexpliquée. Pilate établi des hypothèses, mais qui s’effondrent à chaque fois, faute de preuves. D’autant plus que de nombreux témoignages commencent à arriver : le Christ est ressuscité, des gens l’on vu et lui ont parlé. Très sceptique, Pilate ne croit pas tout d’abord pas à cette réssurection. Puis petit à petit, le doute s’insinue en lui…

Ce livre a le mérite d’être original et intéressant puisque Schmitt nous fait partager la vision de Yéchoua et de Pilate et nous fait voir d’une autre manière une histoire que l’on connait bien. Et puis je trouve qu’il ne s’en sort pas trop mal sur un sujet si délicat. L’humour est parfois bien présent notamment avec Craterios, ce philosophe cynique, ancien précepteur de Pilate et son frère.

Cependant, n’étant pas très portée sur la religion, j’avoue avoir eu un peu de mal à certains moments avec le message d’Amour que véhicule Jésus et ses disciples, ça a quelque peu gêné ma lecture.

Néanmoins, ce roman peut pousser certains lecteurs à la réflexion et au questionnement.

Une lecture en demi-teinte, mais que je ne regrette pas.

 Decouvrez Eric-Emmanuel Schmitt chez Pimprenelle

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Rachel Ward – Intuitions

  

4e de couverture :

Depuis son plus jeune âge, Jem voit des nombres flotter au-dessus des personnes qu’elle croise. C’est le jour où sa mère décède qu’elle en comprend la signification : il s’agit de la date de leur mort. Ce don maudit la pousse à se couper du monde. Jusqu’au jour où elle rencontre Spider…
Alors qu’ils partent ensemble à la grande roue de Londres, un phénomène étrange se produit : pourquoi tous les passants ont-ils le même nombre au-dessus de la tête ? Pris de panique, Jem et son ami prennent la fuite.
Ils seront les seuls survivants de l’attentat qui va suivre, mais aussi les seuls suspects traqués par la police une fois leur identité révélée par les caméras de surveillance.
Mais comment Jem peut-elle expliquer au commun des mortels les raisons de sa fugue, et surtout, comment ignorer la terrible vérité qu’elle peut lire en Spider ?
Que faire d’un don quand il est maudit ?

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Autant le dire d’emblée, je ne m’attendais pas vraiment à une histoire de ce genre après avoir lu le résumé. Le pouvoir de Jem n’est pas le sujet principal du roman, ce dernier traitant avant tout de l’évolution de la relation entre Spider et Jem. Mais ce n’est pas pour autant que j’ai été déçue, au contraire !

Orpheline (elle ne connait pas son père et sa mère est morte d’une overdose), placée en famille d’accueil, on ne peut pas dire que Jem a eu une vie facile. Jeune fille rebelle, mal dans sa peau, elle ne trouve pas sa place dans la société. Un jour, elle rencontre Spider et se lie d’amitié avec lui. Spider est téméraire, impulsif et n’a pas sa langue dans sa poche, mais c’est un garçon au grand coeur et optimiste, contrairement à Jem. 

Jem ne veut pas s’attacher aux gens, notamment à cause de ce don maudit qu’elle essaye d’ignorer autant que possible. On pourrait se demander pourquoi elle ne l’utilise pas pour sauver des vies, mais c’est son choix. Malheureusement, elle ne peut pas ignorer le terrible nombre qu’elle voit en Spider…

Ce roman est tout simplement captivant, je me suis beaucoup attachée aux deux héros (surtout à Spider). Tout au long de leur fugue, j’ai tourné les pages avec appréhension, me demandant comment ils allaient s’en sortir. L’histoire met un peu de temps à se mettre en place, mais ensuite tout s’accélère, l’auteur arrive à nous tenir en haleine. Un livre poignant, triste avec une fin qui m’a bouleversée.

A la lecture des dernières phrases, je suis curieuse de voir ce que donnera le 2e tome !

[Le résumé m’a fait penser à ce clip de Nickelback, « Savin me »]

Un grand merci à  et aux éditions Michel Lafon pour cette belle découverte !

Dany Laferrière – Le charme des après-midi sans fin

 

4e de couverture :

Paru en 1997, ce livre est le plus autobiographique de ceux écrits par Dany Laferrière. Il nous y raconte sa jeunesse au quotidien, vécue en Haïti à Petit-Goâve, dans une série de courts tableaux drolatiques et graves.

De son inoubliable déclaration d’amour à Da, la grand-mère qui l’a élevé, à son initiation aux émois (amoureux aussi) de l’adolescence, sur fond de crise politique haïtienne, Dany Laferrière nous émeut et nous touche par la justesse de son ton et la tendresse avec laquelle il restitue ses souvenirs.

« Les mères passent leur temps à venir voir si leur fille n’est pas dans les parages du port. Comme toujours, les mères n’ont aucune idée de la façon dont cela se passe. Car si un type veut embrasser une fille, tu peux être sûr qu’il ne restera pas sur le port avec elle. Mais les mères n’ont aucune idée de la réalité. »

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Dans ce roman autobiographique, Dany Lafferière rend un merveilleux hommage à sa grand-mère Da.

Da est une vieille dame au caractère bien trempé, dotée d’une grande sagesse et respectée de tout le monde dans le petit village de Petit-Goâve.

En une succession de brefs tableaux, l’auteur, surnommé Vieux-Os, nous dépeint sa jeunesse à Haïti : ses amis Rico et Frantz, ses amours, sa grand-mère, les habitants du village, leurs habitudes et leurs superstitions, la cuisine, le café, et malheureusement aussi la crise politique. Les gens sont pauvres, mais ne semblent pas en souffrir.

L’odeur du café imprègne ce récit. Le meilleur café du village c’est celui de Da. Elle a toujours une tasse de café en main et en propose à chaque personne qui entre chez elle.

J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce roman dépaysant, touchant et rempli de tendresse.

Un écrivain qui mérite d’être connu !

Lu dans le cadre du