Fabrice Colin – Les étranges soeurs Wilcox. T.1, Les vampires de Londres

 

 

4e de couverture :

Londres 1888. Qui sont ces deux orphelines qui s’aventurent la nuit dans les rues mal famées ? Ignorent-elles qu’on peut y rencontrer Jack l’Eventreur ? Que des créatures plus terrifiantes encore, goules et vampires s’y livrent une lutte sans merci ? Mais Amber et Luna Wilcox ne sont pas des jeunes filles comme les autres. Sous leur frêle apparence se cache un terrible secret. C’est pour cela qu’elles ont été choisies. Par qui ? Impossible d’en dire plus. Sinon que la survie de l’empire britannique repose désormais sur les très étranges soeurs Wilcox…

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Encore des vampires allez-vous me dire ? Et bien oui, mais – que certains se rassurent – il ne s’agit pas d’une énième histoire de vampires comme on en voit partout en ce moment. Ce roman vaut le détour, croyez-moi !

Tout commence lorsque deux soeurs Amber et Luna se réveillent dans des cercueils, transformées en vampire. Leur père et leur belle-mère ont disparu et leur maison a brûlé. Mais le problème est qu’elles ne se souviennent de rien. Errant dans les rues de Londres, elles sont rapidement secourues par un certain docteur Watson et son cher ami Sherlock Holmes, puis « recrutées » par une société secrète.

Dans ce roman, on rencontre une foule de personnages historiques ou de fiction tels que Jack l’Eventreur, Abraham Stoker, Elizabeth Bathory, Sherlock Holmes, Dr Watson, mais aussi d’autres créatures comme des goules ou encore des fées.

Je me suis plongée avec beaucoup de plaisir dans l’univers créé par Fabrice Colin. On se retrouve à l’époque victorienne, dans le paysage brumeux de Londres où les vampires forment des clans qui se livrent une lutte sans merci.

Qui a transformé Amber et Luna ? Qu’est-il arrivé à leur père ? Tels sont les mystères que devront résoudrent les deux soeurs et leurs amis.

Un très bon roman où se mêlent fantastique et policier.

Le tome 2 est déjà en ma possession ;-)

Fabrice Colin, Les étranges soeurs Wilcox. Tome 1, Les vampires de Londres (2009), livre jeunesse.

Lu dans le cadre du défi

et du Prix Mauprat – Prix littéraire des blogueurs  organisé par George.

 

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Anne Révah – Manhattan

 

 4e de couverture :

Elle part. Elle fuit après avoir appris l’inacceptable. Elle n’a pas peur, non, mais elle veut mettre de l’ordre dans sa vie. C’est une lettre qu’elle choisit d’écrire, une seule lettre. Les mots coulent comme un torrent, emportant sur leur passage la vie d’avant, les secrets, les mensonges, les blessures non refermées. Elle écrit et se délivre, fait place nette, se retrouve enfin et peut, apaisée, aller vers son destin.

J’aurai voulu qu’il y ait quelqu’un sur mon chemin pour suspendre la chute…

Une femme, une vie apparemment parfaite (mari, enfants, réussite professionnelle), puis un jour cette douleur apparaissant à l’avant-bras…

Un mélange de brûlure et d’anesthésie dessinait un rectangle sur la face interne de mon avant-bras, à partir de la jonction avec ma main. C’était une bande de deux centimètres de large sur quinze centimètres de long, à la place qu’occupe ma montre; ça ressemblait à un plan de Manhattan (…)

Le verdict tombe : de mystérieuses taches blanches dans son cerveau. Une maladie grave.

Elle prend peur et décide alors de fuir, de tout quitter sans prévenir personne. Elle prend ses affaires et part avec son chien. Après être passée d’hôtels en hôtels, puis à l’aéroport où elle renonce à partir loin, elle va finalement se réfugier un petit studio parisien.

C’est là qu’elle va se poser et entamer l’écriture d’une longue lettre à sa mère. Une lettre accusatrice qui la libèrera d’une lourd secret qu’elle a tenu enfui pendant des années. 

Cette lettre sera aussi le moyen de faire le bilan de sa vie.  Une vie passée à jouer le rôle que les autres lui ont donné.

Maintenant je vais laisser tout le monde. J’ai déjà commencé, je ne vais pas vous regarder glisser dans une vie où je ne suis plus ; je ne peux plus y être, mais toi à présent tu vas savoir, je veux que tu lises tout ce que j’ai à dire. Ne pleurniche pas sur mes enfants, ni sur Victor, ils se débrouilleront, ils apprendront à ne plus m’attendre, j’étais avec eux mais je n’y étais pas, à partir de maintenant je suis une vraie absente, ils se débattront, puis ils ne lutteront plus, le temps éloignera mon souvenir, mon absence se fera plus légère (…)

Au début, on ne comprend pas sa réaction très égoïste, son absence de sentiments. Mais qui sommes-nous pour juger ? Que ferons-nous dans un cas pareil ? Petit à petit, on se rend compte qu’elle a fui pour ne pas faire souffrir son entourage, pour préserver les gens qu’elle aime.

J’ai vraiment été touchée par ce récit, maintes fois j’ai eu l’impression que la narratrice s’adressait directement à moi.

Les mots sont justes, rien de superflu.

Un premier roman court, mais douloureux, avec une fin inattendue.

Un grand merci à Cynthia pour ce livre voyageur.

Treize raisons – Jay Asher

4e de couverture :

« Je sais que tu n’avais pas l’intention de me blesser. En fait, la plupart d’entre vous qui m’écoutez n’avez sans doute pas la moindre idée de ce que vous faisiez… de ce
que vous me faisiez, à moi. »

Clay reçoit treize cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes impliquées dans sa vie : amies ou ennemies, chacune de ces personnes a compté dans sa décision. D’abord choqué, Clay écoute les cassettes en cheminant dans la ville. Puis, il se laisse porter par la voix d Hannah. Hannah en colère, Hannah heureuse, Hannah blessée et peut-être amoureuse de lui. C’est une jeune fille plus vivante que jamais que découvre Clay. Une fille qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

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Clay Jensen découvre un jour en rentrant de l’école un colis à l’intérieur duquel se trouvent sept cassettes audio. Intrigué, il commence à les écouter… et reconnaît immédiatement la voix d’Hannah Barker, une jeune fille de son lycée qui s’est suicidée peu de temps auparavant.

Les voix s’alternent dans la narration : celle de Clay qui écoute les cassettes avec anxiété, ne sachant pas ce qu’il va y découvrir et celle d’Hannah évoquant les treize personnes qui l’ont influencée dans sa décision.

La première moitié du livre ne m’a pas franchement convaincue, j’ai trouvé les raisons invoquées par Hannah peu crédibles. Elle s’est suicidée pour ça ? De plus, elle est particulièrement agaçante, je ne m’y suis pas attachée et je n’ai pas eu non plus de peine pour elle. Ces cassettes me semblaient plus être un moyen de vengeance envers certaines personnes.

Puis petit à petit, le ton d’Hannah change, moins agressif. On comprend un peu mieux son geste – sans pour autant le cautionner – de par les événements qu’elle nous narre. Clay, quant à lui, s’en veut de ne pas avoir vu/compris certains signes avant-coureurs. Il était secrètement amoureux d’Hannah et se demande bien ce qu’il a pu lui faire pour se retrouver sur ces cassettes.

Malgré une première partie peu convaincante, les pages se tournent facilement. Tout comme Clay, le lecteur veut connaître l’identité de ceux qui ont pu jouer un rôle dans la mort d’Hannah et leur part de responsabilité.

Ce roman nous montre que des faits, des gestes à priori anodins, insignifiants peuvent avoir un effet « boule de neige » et conduire quelqu’un à commettre des faits plus graves.

Un grand merci à Audrey pour le prêt !

 

Les bulles – Claire Castillon

4e de couverture :

Petite, je me croyais anormale; Je suis ravie que tu fréquentes mon frère; Mon mari ne me touche pas depuis des lustres; Je ne vois pas pourquoi il me tromperait; J’ai toujours su que j’étais la mère de mon neveu; L’amour n’est pas un spectacle; Si je meurs, pense à Hugues Aufray.
Jamais à une fantaisie près, chacun ici vit dans sa bulle, à travers laquelle les images du monde parviennent déformées, fêlées, désespérées. A moins que, faisant office de loupe, celle-ci permette de mieux scruter certains détails troublants de vérité.

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Il y a 3 ans, je découvrais Claire Castillon avec son recueil de nouvelles « Insecte« . Son humour noir et sa plume incisive m’avaient tout de suite plu. Et c’est avec plaisir que je me suis à nouveau plongée dans l’univers de cet auteur.

Au travers de 38 nouvelles dont chacune porte comme titre un prénom, Claire Castillon nous fait partager le quotidien d’hommes, de femmes, de couples, tous enfermés dans leurs bulles avec, pour certains, leur idées préconcues et pour d’autres leur naïveté parfois si extrême qu’on a envie de les secouer, de leur faire prendre conscience de la réalité.

Autant dire que l’auteur n’a rien perdu de son ton acerbe. Les nouvelles sont composées de phrases courtes, mais percutantes, dotées d’une pointe de provocation. Les chutes sont toujours si imprévisibles. Néanmoins, il est évident que pour les apprécier, il ne faut pas les lire au premier degré. Et puis, Claire Castillon on aime ou pas ;-)

Pour ma part, même si j’ai trouvé ce recueil un poil en dessous de Insecte, j’ai tout de même passé un très bon moment.

Editions Fayard, 2010
Sortie le 18 août en librairie !

Un grand merci à la  pour l’envoi de ce livre.

Cormac McCarthy – La route

4e de couverture :

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un Caddie rempli d’objets hétéroclites. Dans la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du Sud, la peur au ventre: des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l’humanité. Survivront-ils à leur voyage?

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Autant dire que ce roman ne laisse personne indifférent : certains crient au génie, d’autres le trouvent trop noir ou encore sans action. Pour moi, ce fût une lecture poignante.

Au début, je me suis arrêtée plusieurs fois entre les chapitres, j’avais besoin de reprendre mon souffle dans cette atmosphère si oppressante. J’ai tout vécu avec ce père et ce fils : la faim, le froid, la peur, la résignation, mais aussi l’espoir.

Qui ? Quand ? Où ? Pourquoi ?  Telles sont les questions que se pose le lecteur. Car oui, l’auteur laisse planer le mystère (un peu frustrant j’avoue), il y a peu de flash-back. Nous ne savons pas ce qui a causé l’apocalypse, ni même l’endroit et le lieu où se déroule l’histoire. Les deux protagonistes sont simplement nommés « le père » et « le fils ».  Ces derniers errent dans un monde dévasté, ils ont peur et se cachent lorsqu’ils rencontrent d’autres humains.

Le style est dépouillé, les dialogues sont minimalistes et assez répétitifs, mais pleins de non-dits. McCarthy laisse le lecteur interpréter l’histoire.

Un roman qui vaut vraiment la peine d’être lu pour se forger sa propre opinion.

Je suis curieuse de voir l’adaptation !

Lu dans le cadre du défi

Jane Austen – Orgueil et préjugés

Résumé :

Orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d’un mariage: l’héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n’est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l’épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu’il n’y a en fait qu’un héros qui est l’héroïne, et que c’est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.

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Une lecture commune avec GeishaNellie m’a permis de lire (enfin !) ce classique de la littérature qu’est Orgueil et préjugés. Il faut dire que c’est seulement cette année que j’ai découvert Jane Austen avec Raison et sentiments.

Jane Austen nous décrit le quotidien de la famille Bennet dont les cinq filles sont à marier. Un jour, un jeune homme riche, Mr Bingley, vient emménager à Netherfield Park, non loin de chez eux. Curieuse et voulant à tout prix marier ses filles, Mrs Bennet essaye rapidement de faire connaissance avec ce nouveau voisin. Celui-ci est accompagné de ses soeurs et de son ami, Mr Darcy, un homme à première vue très hautain et orgueilleux.

Alors que Mr Bingley provoque l’admiration de tous, Mr Darcy, lui, est beaucoup moins apprécié. Elizabeth, la deuxième des filles Bennet, le méprise dès leur première rencontre. Pourtant, elle sera trompée par sa première impression, par ses préjugés sur Darcy qu’elle croit orgueilleux.

Tout au long du récit, les sentiments d’Elizabeth et de Darcy évolueront. Le lecteur assistera au combat qu’ils mènent contre les nombreux préjugés liés à leurs classes sociales.

J’ai beaucoup aimé le caractère d’Elizabeth, sa franchise, son intelligence. C’est une personne indépendante, réfléchie, qui n’hésite pas à se remettre en question et qui veut pouvoir décider seule de son avenir. Je pense qu’on peut dire qu’elle est en avance sur son temps.

Jane Austen sait mettre en avant chacun de ses personnages afin que le lecteur se souvienne d’eux. Il s’attache à certains (Elizabeth, Jane, Mr Bingley, Mr Bennet, …), en déteste d’autres (Mrs Bennet, Mr Collins, Lydia, Lady de Bourgh, …). Et Darcy me direz vous ? Et bien, au début, il se montre froid, distant, mais si mystérieux… nos sentiments à son égard sont mitigés comme ceux d’Elizabeth. Puis, petit à petit, on comprend qu’il est différent de ce que l’on pensait. Pourtant, je n’ai pas été entièrement séduite par Darcy, il lui manque un petit quelque chose, je ne sais pas dire quoi.

Dans ce roman, il n’y a point de longues descriptions, l’humour est bien présent, subtil, certains dialogues sont un régal ! L’auteur dépeint si bien les habitudes de cette époque, ainsi que la condition féminine et l’on suit avec intérêt le quotidien de ces familles pour qui priment l’apparence, la réputation, la classe sociale et l’argent.

Sans être un coup de coeur, j’ai passé un excellent moment, le style est très agréable, Jane Austen a une plume fabuleuse !

Lu dans le cadre des défis (proposé par Féebourbonnaise)