Anne Révah – Manhattan

 

 4e de couverture :

Elle part. Elle fuit après avoir appris l’inacceptable. Elle n’a pas peur, non, mais elle veut mettre de l’ordre dans sa vie. C’est une lettre qu’elle choisit d’écrire, une seule lettre. Les mots coulent comme un torrent, emportant sur leur passage la vie d’avant, les secrets, les mensonges, les blessures non refermées. Elle écrit et se délivre, fait place nette, se retrouve enfin et peut, apaisée, aller vers son destin.

J’aurai voulu qu’il y ait quelqu’un sur mon chemin pour suspendre la chute…

Une femme, une vie apparemment parfaite (mari, enfants, réussite professionnelle), puis un jour cette douleur apparaissant à l’avant-bras…

Un mélange de brûlure et d’anesthésie dessinait un rectangle sur la face interne de mon avant-bras, à partir de la jonction avec ma main. C’était une bande de deux centimètres de large sur quinze centimètres de long, à la place qu’occupe ma montre; ça ressemblait à un plan de Manhattan (…)

Le verdict tombe : de mystérieuses taches blanches dans son cerveau. Une maladie grave.

Elle prend peur et décide alors de fuir, de tout quitter sans prévenir personne. Elle prend ses affaires et part avec son chien. Après être passée d’hôtels en hôtels, puis à l’aéroport où elle renonce à partir loin, elle va finalement se réfugier un petit studio parisien.

C’est là qu’elle va se poser et entamer l’écriture d’une longue lettre à sa mère. Une lettre accusatrice qui la libèrera d’une lourd secret qu’elle a tenu enfui pendant des années. 

Cette lettre sera aussi le moyen de faire le bilan de sa vie.  Une vie passée à jouer le rôle que les autres lui ont donné.

Maintenant je vais laisser tout le monde. J’ai déjà commencé, je ne vais pas vous regarder glisser dans une vie où je ne suis plus ; je ne peux plus y être, mais toi à présent tu vas savoir, je veux que tu lises tout ce que j’ai à dire. Ne pleurniche pas sur mes enfants, ni sur Victor, ils se débrouilleront, ils apprendront à ne plus m’attendre, j’étais avec eux mais je n’y étais pas, à partir de maintenant je suis une vraie absente, ils se débattront, puis ils ne lutteront plus, le temps éloignera mon souvenir, mon absence se fera plus légère (…)

Au début, on ne comprend pas sa réaction très égoïste, son absence de sentiments. Mais qui sommes-nous pour juger ? Que ferons-nous dans un cas pareil ? Petit à petit, on se rend compte qu’elle a fui pour ne pas faire souffrir son entourage, pour préserver les gens qu’elle aime.

J’ai vraiment été touchée par ce récit, maintes fois j’ai eu l’impression que la narratrice s’adressait directement à moi.

Les mots sont justes, rien de superflu.

Un premier roman court, mais douloureux, avec une fin inattendue.

Un grand merci à Cynthia pour ce livre voyageur.

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5 réflexions sur “Anne Révah – Manhattan

  1. Oui cette absence apparente de culpabilité cache un souci de se préserver et d’épargner à ses proches la souffrance occasionnée par une maladie qui la condamne de toute façon, je l’ai compris comme ça aussi.
    Contente que ce livre t’ait plu ;) J’espère que l’auteure en écrira d’autres !

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