Marché du Livre de Mariemont (Belgique)

Si vous ne savez pas quoi faire ce week-end (et si vous habitez en Belgique ou tout près), c’est l’occasion de venir au huitième Marché du Livre de Mariemont !

Ce salon de la petite édition et de la création de littéraire se déroule du vendredi 30 septembre au dimanche 2 octobre 2011.

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la huitième du genre. Pour ses 14 ans d’existence, le Marché du Livre conserve son bel écrin à Mariemont, au cœur d’un magnifique parc à l’anglaise hérité d’un domaine royal. Il s’installe pour trois jours dans les murs d’un musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Egypte ancienne et le livre dans tous ses états, de l’incunable au livre d’artiste contemporain ! Le livre est présent à Mariemont, via la bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre.

Le public qui s’y rend est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres et collectionneurs s’y côtoient dans une ambiance conviviale et professionnelle. La manifestation est plurielle, gratuite, et ses développements sont multiples : conférences plus ou moins pointues pour les initiés, visites, rencontres, expositions, découvertes et animations.

Cette année, Phillipe UG est un des invités d’honneur du Marché. Il proposera une exposition de ses livres animés dans le hall du Musée de Mariemont.

Pour plus d’information concernant les activités, consultez le programme en version pdf.

Site du Marché du Livre.


Audur Ava Olafsdottir – Rosa Candida

4e de couverture:

Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s’en rendre compte les dernières paroles d’une mère adorée. Un lien les unissait : le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. C’est là qu’Arnljótur aura aimé Anna, une amie d’un ami, un petit bout de nuit, et l’aura mise innocemment enceinte. En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d’Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.

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Après la mort accidentelle de sa mère, le jeune Arnljótur se retrouve seul avec son père, un vieil homme de quatre-vingt ans et Jósef, son frère jumeau autiste. Sa mère, passionnée de botanique, passait des heures dans sa serre où elle cultivait une variété rare de Rosa Candida à huit pétales. Cette passion transmise à son fils Arnljótur mènera celui-ci sur le continent, rejoindre un monastère et son ancienne roseraie, avec dans ses bagages quelques boutures de cette variété de Rosa Candida. Mais pour cela, il devra quitter son vieux père et son frère (sa seule famille), mais aussi la petite Flora Sol, sa fille née quelques mois plus tôt d’une union qui aura duré moins d’une nuit.

Délicatesse, pudeur, innocence caractérisent ce roman. En quittant son pays de lave et de mousse pour un continent jamais nommé, Arnljótur démarre une nouvelle vie, part vers l’inconnu. À son arrivée, il est accueilli par un moine cinéphile qui semble trouver dans le cinéma des réponses à toutes les questions « existentielles » (l’amour, la vie, etc.). Ce qui nous donne droit à des discussions parfois amusantes.

Dans ce monastère, le quotidien de notre jeune « Lobbi » est rythmé par son travail dans la roseraie, les soirées chez frère Thomas à visionner des films et les appels téléphoniques de son père, un homme inquiet pour son fils parti loin de la maison familiale, qui se remet difficilement de la mort de sa femme et ne recommence tout doucement à vivre qu’en cuisinant pour son entourage.

L’histoire met un peu de temps à démarrer et mon intérêt ne s’est ravivé que lors de l’événement qui va venir bouleverser le quotidien d’Arnljótur, qui va le faire grandir et prendre ses responsabilités, même si sa naïveté – qui m’a parfois agacée – ne disparaît pas totalement. Mais ce qui m’a le plus touchée chez ce garçon ce sont sa sensibilité et sa tendresse envers les personnes qu’il aime.

Magnifiquement bien écrit, Rosa Candida est un beau roman tout en délicatesse sur la paternité. À découvrir.

Editions Zulma, 2010

Une lecture commune (toujours en retard) avec : Canel, L’Or des chambres, Valérie, XL et Lucie.

Lu dans le cadre du défi

Des challenges en veux-tu, en voilà

Ces derniers temps, beaucoup de challenges ont été créés sur la blogosphère. Evidemment, je n’ai pas pu résister à cette invasion !! Et oui…que voulez-vous on ne me changera pas (et je n’en ai pas envie !). Un petit aperçu (LAISSEZ-VOUS TENTER !!) :

Prune nous propose un challenge dystopique. Entre classiques et littérature contemporaine (et surtout jeunesse), des livres sont sûrement déjà présents dans votre PAL !

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50 états

Envie de faire un petit tour aux USA ? Sofynet nous propose de voyager à travers les 50 états au travers des livres, des films ou encore de la musique.

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Amoureux des animaux et des livres, ce challenge est fait pour vous ! Sharon nous propose de réunir ces deux passions.

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George nous propose un challenge sur les livres qui parlent de livres… quoi de mieux pour nous lectrices compulsives ?

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challenge_psy

Une petite thérapie ? Pour leur premier challenge, le trio de Bookaddictes ont choisi le thème des psy, thérapies et autres dans les romans.

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Que diriez-vous d’un bon petit thriller ? C’est chez Cynthia que ça se passe !

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Logo Halloween4.jpg

Et le meilleur pour la fin… Lou et Hilde reconduisent leur challenge Halloween un fois de plus et ce durant tout le mois d’octobre. Alors si vous avez envie de vous faire peur (ou pas), rejoignez nous !

Carolyn D. Wall – Aurora, Kentucky

4e de couverture :

Cet hiver 1938 est le plus froid qu’on ait vu ici, à Aurora, Kentucky. Je vis seule avec ma mère à moitié folle, et l’amour de ma vie, mon petit-fils Will’m. On tient l’épicerie – parfois les gens paient en oignons jaunes ou en poules pondeuses. Sans les fils Phelps et leurs copains chasseurs qui traquent les loups, on serait heureux. Mais les Phelps rôdent, et je sens bien qu’ils cachent quelque chose…

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Aurora, un petit village du Kentucky. C’est là qu’habite Olivia avec sa mère Ida et son petit-fils William. La vie y est dure en cette fin des années 30 et le racisme bien présent. Tout au long de ces 400 pages, mêlant passé et présent, Olivia nous raconte son histoire. Rejetée dès sa naissance par une mère à moitié folle et dépressive (qui ira à l’asile), un lien très fort unit Olivia et son père Tate Harker, un homme généreux, toujours prêt à aider les autres et passionné par les animaux. Ils mènent une vie tranquille jusqu’à ce qu’Ida revienne de l’asile. Mère et fille sont alors en conflit perpétuel et le père fait semblant de ne rien voir. Et puis il y a les Phelps, ces frères violents et racistes dont les activités secrètes dans la grange le samedi soir intriguent la jeune Olivia. Parallèlement à ses souvenirs, on la suit donc dans son quotidien avec une mère dont elle continue à s’occuper malgré la haine respective qui les habite. Heureusement, son petit-fils William est là. Ce garçon intelligent, débrouillard qu’elle aime par-dessus tout. Depuis quelques temps, des coups de fusil se font entendre au loin: les loups ramenés d’Alaska par son grand-père voici plusieurs années sont traqués et tués. Qui essaye de les intimider et pourquoi ? Des secrets bien enfouis depuis longtemps vont tout à coup ressurgir.

J’ai beaucoup aimé Olivia, cette femme forte qui s’est battue toute sa vie et n’a jamais baissé les bras malgré les blessures profondes liées à son passé. Ida, sa mère, une femme aigre et égoïste, l’a toujours rejetée. Elle non plus n’a pas su s’occuper de sa fille Pauline qui a quitté la maison familiale assez jeune, pour ensuite revenir avec un petit garçon, William qu’elle laisse à Olivia. Des relations mère-fille loin d’être simples… A côté de cela, il y a certains personnages secondaires d’une grande gentillesse, qu’on ne risque pas d’oublier comme Wing, son premier amour ou encore Junk et Love Alice, ses amis noirs.

L’auteur prend son temps pour nous livrer les souvenirs d’Olivia, mais à aucun moment je n’ai ressenti de longueur. Tout s’accélère durant les 100 dernières pages: vengeance, secrets, violence, racisme. Des chapitres courts, une écriture fluide, Carolyn D. Wall est une incroyable conteuse, on est happé par l’histoire de cette femme, une grande héroïne comme je les aime.

Le long hurlement d’un loup déferle en moi comme une rage de dents. Plus haut, des détonations retentissent, leur écho s’étirant au loin jusqu’à n’être plus qu’un souvenir, à peine audible.
Personne ne vit sur ce bout de montagne à présent, hormis Ida et moi, et mon petit-fils Will’m. J’aime ce gamin plus que tout au monde. Quant à Ida, c’est une autre paire de manches. Elle habite dans le cabanon enduit de papier goudronné derrière chez nous et, bien que cet hiver soit le plus froid qu’on ait jamais connu dans le Kentucky, elle est dehors en ce moment même, emmitouflée dans une couverture, à citer la Bible et à jurer comme un charretier. Ses cheveux blancs ébouriffés comme ceux d’une démente. Je suis l’enfant d’Ida. Ce qui fait d’elle ma maman. Et mon papa était Tate Harker. Je voudrais tellement qu’il soit là plutôt qu’enterré à côté des cabinets.

Editions Points, 2011

Un grand merci à Bibliofolie et aux éditions Points pour ce partenariat !

Lu dans le cadre des challenges   https://i2.wp.com/storage.canalblog.com/23/66/451136/66965440.gif(Kentucky)