Challenge Halloween 2013

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Pour cette 4e édition, Lou et Hilde nous ont encore concocté un beau programme.

Cette année, nos très chères organisatrices ont loué une maison hantée pour y accueillir leurs adorables monstrueux invités !

Alors si comme moi vous aimez cette fête et que les démons, sorcières, fantômes et autres créatures bien sympathiques ne vous font pas peur, rejoignez-nous, il y en a pour tous les goûts !

Excellent Challenge Halloween à tous les participants !

Jean-Claude Mourlevat – Le chagrin du roi mort

4e de couverture :

«C’est une petite île froide, quelque part dans le nord. Le vieux roi est mort. Son corps repose sur un lit de pierre, sur la Grand-Place. Il neige. Il sera question de séparation, de guerre, de trois ciels différents, d’un premier amour. Il y aura une prophétie, des êtres qui se perdent dans l’immensité, une sorcière qui mange des têtes de rat…»

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On suit l’histoire de deux frères, Brisco et Aleks, inséparables et très complices. Ils habitent à Petite Terre, une île où la neige est toujours présente et où les habitants vivent heureux, en paix. Mais tout bascule le jour où le roi de Petite Terre, Holund, meurt. Son trône est convoité par son frère Guerolf. Rapidement, une guerre éclate, Brisco et Aleks sont séparés de force. Ils ne se retrouveront que des années plus tard, mais ils ont bien changé…

J’ai aimé Petite Terre, si accueillante et chaleureuse, mais j’ai surtout aimé me promener dans sa Bibliothèque, si grande, si riche, si merveilleuse. Malheureusement, tout n’est pas rose dans ce roman, la guerre provoquée par Guerolf va faire des ravages à Petite Terre et changer le destin de ses habitants, en particulier celui de Brisco et Aleks. Ceux-ci vont vivre une véritable déchirure et vont essayer de survivre l’un sans l’autre pendant ces longues années de séparation. Mais chacun évoluera différemment.

Guerre, pouvoir, trahison, vengeance // fraternité, famille, amour… de nombreux thèmes sont abordés dans ce roman fantastique où la colère et la tendresse cohabitent. Une écriture toujours aussi belle, qui nous emporte loin, très loin, dans ce royaume enneigé.

Jean-Claude Mourlevat est une valeur sûre !

Gallimard Jeunesse, 2009, 2011 (Poche)

Session 16

Jean-Claude Mourlevat – Le combat d’hiver

4e de couverture :

Le combat d’hiver est celui de quatre adolescents, évadés de leur orphelinat-prison, pour reprendre la lutte perdue par leurs parents, quinze ans plus tôt.

Au cœur d’un pays imaginaire, des jeunes gens, tous orphelins, sont détenus dans un internat qui ressemble à une prison. Cet hiver-là, une lettre mystérieuse leur révèle qu’ils sont les enfants d’une génération d’hommes et de femmes éliminés par la faction totalitaire qui a pris le pouvoir. Quatre d’entre eux choisissent de s’évader pour reprendre le combat. Mais il leur faut déjà échapper aux terribles «hommes-chiens» lancés à leur poursuite dans les montagnes glacées.
Ont-ils la moindre chance de leur échapper? Pourront-ils compter sur l’aide généreuse du «peuple-cheval»? Survivront-ils à la barbarie des jeux du cirque réinventés par la Phalange? Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, est de ceux qu’on dit perdus d’avance. Et pourtant.

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Mon premier Mourlevat, je suis conquise !

Le lecteur est tout de suite plongé dans une atmosphère froide, sombre en compagnie de quatre orphelins : Milena, Helen, Bartolomeo et Milos. Ils vivent – où plutôt sont enfermés – dans un pensionnat des plus sinistres. Leur pays est contrôlé par La Phalange, qui a fait disparaître les résistants et a placé leurs enfants dans des orphelinats. Un régime totalitaire auquel les quatre adolescents vont s’opposer, parfois au péril de leur vie.

L’auteur nous livre ici un récit mêlant fantastique et réalisme, où l’on rencontre des "hommes-chiens" et des "hommes-chevaux", où il est question d’amour, d’amitié, de solidarité, de courage, même si l’espoir est peu présent. Le combat d’hiver de quatre adolescents pour la liberté du pays.

Jean-Claude Mourlevat est un merveilleux conteur. Le Combat d’hiver est à découvrir absolument (et il n’y a qu’un seul tome !).

Gallimard Jeunesse, 2006, 2010 (Poche)

Ian McEwan – Sur la plage de Chésil

4e de couverture :

«Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible…» Le soir de leur mariage, Edward Mayhew et Florence Ponting se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Mais en 1962, dans l’Angleterre d’avant la révolution sexuelle, on ne se débarrasse pas si facilement de ses inhibitions et du poids du passé. Les peurs et les espoirs du jeune historien et de la violoniste prometteuse transforment très vite leur nuit de noces en épreuve de vérité où rien ne se déroule selon le scénario prévu.

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Angleterre, années 60. Dans cette chambre d’hôtel, le lecteur partage pendant quelques heures la vie de deux jeunes gens tout juste mariés. Ils ont 20 ans et toute le vie devant eux. Et pourtant… la peur, les doutes, les tabous, les non-dits, l’absence de communication mettront à mal leur nuit de noce. La faute à une éducation sexuelle inexistante à cette époque, mais ô combien importante pour la vie d’un couple ? Probablement. Car Edward et Florence sont tous les deux instruits, mais ne sont absolument pas préparés à ce qui va leur arriver pendant cette nuit. Lui est pressé et maladroit, elle redoute ce moment et éprouve un certain dégoût. Ce sera sur cette plage de Chésil que les langues se délieront et que l’avenir de leur relation sera remis en question.

Il est vrai que le comportement et la maladresse des deux protagonistes pourraient irriter certains lecteurs, mais le sujet est traité de manière intelligente. Un livre court, simple, qui amène à la réflexion.

Folio, 2010

Anne Percin – Comment (bien) rater ses vacances

4e de couverture :

Chers parents,

Mon stage de survie en milieu hostile se passe bien, merci. J’espère que vous êtes pas trop morts, rapport aux frais de rapatriement qui doivent coûter bonbon, depuis la Corse. Sinon, moi ça va, j’ai mangé Hector mais pas tout d’un coup, j’en ai congelé un bout pour le mois prochain. Heureusement que j’ai l’eau-de-vie de Mamie, ça m’aide pour tenir. Si jamais vous ne reveniez pas, ce serait sympa de m’envoyer un mandat parce que la prostitution masculine, ça marche pas trop dans le quartier. Bon, ben je vous laisse, c’est l’heure de ma piqûre d’héroïne.

Gros bisous, votre fils bien-aimé, Maxime.

Cet été, Maxime a 17 ans. Il ne veut plus partir en vacances avec ses parents. Il préfère rester chez sa Mamie pour glander devant l’ordinateur. Tant pis pour lui. Il va vivre des journées délirantes !

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Maxime est un ado de 17 ans comme les autres, enfin… pas tout à fait. Il aime dormir, passer ses journées sur l’ordinateur, jouer de la guitare, mais aussi écouter la musique des années 70/80 et cuisiner ! Alors que leurs parents décident de passer des vacances en Corse, Maxime et sa petite sœur ont déjà d’autres projets en tête pour l’été. Lui le passera chez sa grand-mère et sa sœur Alice en colonie avec sa meilleure amie. Mais Maxime est loin de se douter que son séjour sera un peu plus agité que prévu !

La grand-mère de Maxime est un sacré phénomène : un caractère bien trempé, toujours le mot pour rire, gentille, douce et à l’écoute. De plus, l’entente est parfaite entre elle et son petit-fils. La grand-mère dont tout le monde rêve quoi !

Le roman alterne les moments de franche rigolade et les instants plus sérieux. Maxime est un garçon extrêmement sympathique, assez mûr pour son âge et qui aime sa tranquillité. Face à tous ces événements imprévus, l’ado devra se responsabiliser, se débrouiller seul, mais aussi tenter de cuisiner (ses expériences culinaires sont délicieusement drôles !). Tout au long de l’histoire, il fera preuve d’une grande maturité (surtout que ses parents sont injoignables).

Je découvre la plume d’Anne Percin à travers ce roman et j’ai été conquise. Un chouette roman pour les adolescents (ou pas), léger, drôle, avec pas mal de références musicales et cinématographiques. Un grand moment de plaisir à ne pas bouder (surtout qu’il y a encore deux autres tomes) !

Editions du Rouergue, collection DoAdo, 2010
Ce livre faisait partie de la sélection 2012 du Prix Farniente (Belgique).

Karen Maitland – Les âges sombres

4e de couverture :

1321. Les habitants d’Ulewic, une petite cité isolée de l’est de l’Angleterre, sont sous le joug de leur seigneur et de l’Église, celle-ci ayant supplanté, depuis quelques années, le paganisme qui régnait dans la région. Non loin du village s’est installée une petite communauté chrétienne de femmes, des béguines originaires de Belgique. Sous l’autorité de sœur Martha, elles ont jusqu’alors été assez bien tolérées. Mais les choses commencent à changer. Le pays connaît en effet des saisons de plus en plus rigoureuses, les récoltes sont gâchées, les troupeaux dévastés et le besoin d’un bouc émissaire se fait sentir. Neuf hommes du village, dont on ignore l’identité, vont profiter de la tension qui commence à monter pour restaurer un ordre ancien et obscur. Renouant avec de terribles rites païens, usant de la terreur, du meurtre et de la superstition, ils vont s’en prendre aux béguines, qui devront les démasquer et élucider les secrets du village avant que la région ne soit mise à feu et à sang.

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Pour son deuxième roman, Karen Maitland nous plonge à nouveau dans l’Angleterre du 14e siècle. L’histoire se déroule dans le village d’Ulewic où une communauté religieuse s’y est installée un peu à l’écart. Mais ce béguinage a bien du mal à se faire accepter des habitants, influencés par le prêtre et d’autres forces mystérieuses. Intimidations, menaces, méfiance de la population, tel est le quotidien de ces femmes qui pourtant n’hésitent pas à aider les plus démunis.

Tout au long de ce récit à la première, les voix s’alternent. Un index des noms des personnages est présent au début du livre pour mieux s’y retrouver, mais pas d’inquiétude car il n’est pas si nécessaire vu leur nombre. Le père Ulfrid fait partie des narrateurs: un prêtre qui tente de cacher son passé et qui ferait tout pour quitter Ulewic. Au début, on éprouve un peu de compassion pour lui, mais elle se dissipe rapidement. Et puis il y a cette force invisible, mais puissante : les Maîtres-Huants qui ont peu à peu imposé leur pouvoir par la terreur.

Évidemment, comme le titre le suggère, il n’y a rien de réjouissant dans ce roman: peurs ancestrales, croyances, légendes, religion et rites païens se côtoient. Et puis la différence fait peur, c’est bien connu.

J’ai retrouvé avec plaisir la plume de Karen Maitland. Comme dans son premier roman La compagnie des menteurs, l’ambiance du Moyen Âge est décrite à merveille. On a vraiment l’impression d’être plongé dans le quotidien de ce village où la faim, les mauvaises récoltes, les superstitions, l’influence de l’Église, mais aussi des Maîtres-Huants sont omniprésents.

Un auteur à suivre !

Editions Sonatine, 2012

Lu dans le cadre du challenge Challenge Thrillers et Polars